| |
La vente directe
au pays du Grand Nord
De l'autre côté de l'Atlantique, au Canada, la vente directe est devenue l'un des pans de l'économie les plus importants du pays. Gros plan sur ce phénomène.
Vingt fois plus grand que la France, le Canada et ses grands espaces verdoyants attirent plus d'un globe-trotter. Outre ses forêts, ses chiens de traîneau, ses lacs, igloos, saumons, baleines, ours, bûcherons ou encore hydravions... son économie a atteint en 2005 son potentiel de croissance. Selon Statistique Canada, celle-ci s'est envolée à 2,4 % rien qu'au dernier trimestre de l'année dernière ! Le pays se porte donc plutôt bien et la vente directe aussi. Cette dernière représente, en effet, l'un des segments les plus prospères et les plus dynamiques de l'économie du pays. Son taux de croissance varie entre 10 et 20 % ces dix dernières années ! Des centaines de produits et de services sont proposés par les entreprises de vente directe.
Quasiment un million de VDI
L'Association de ventes directes du Canada (AVD), l'équivalent de la FVD en France, compte 42 entreprises de vente directe membres, soit 900 000 VDI (appelés là-bas entrepreneurs de vente indépendants ou EVI) pour 31 millions d'habitants, dont les ventes au détail ont atteint plus de 1,3 milliard de dollars en 2004 ! Selon la dernière étude sur l'impact socio-économique de l'industrie de la vente directe au Canada, l'ensemble des travailleurs (employés et EVI) du secteur a généré 966 millions de dollars de revenu personnel en 2004. La bonne santé de ce mode de distribution est telle que 56 % des EVI exercent cette activité à temps plein. Par ailleurs, l'enquête dévoile que 88 % des vendeurs sont des femmes et près de la moitié d'entre elles sont âgées de 35 à 49 ans. La vente directe est loin d'être perçue comme étant une activité précaire et ne traîne pas de mauvaise réputation, comme cela a pu être le cas dans certains pays. Les trois quarts des VDI estime que la vente directe leur a permis "d'améliorer leurs compétences personnelles et la confiance en soi". Et 70 % considèrent avoir améliorés leurs "aptitudes pour vendre ".
La beauté en tête
D'après les derniers résultats mesurés par F AVD, 61,9 % des ventes directes au Canada s'effectuent à domicile et 15,6 % par téléphone, à titre de suivi après une rencontre en personne. Situation étonnante par rapport à la France : 69 % des ventes se font de manière individuelle et seulement 28,5 % en réunion... En ce qui concerne les produits qui rencontrent le plus de succès auprès des clients canadiens, ceux pour l'hygiène corporelle et la beauté (cosmétiques, bijoux, soins de beauté, etc.) arrivent en tête avec 39,9 % des ventes. Viennent ensuite les produits pour la maison (nettoyage, batterie de cuisine, coutellerie) avec 30,4 %. Les produits nutri-tionnels, vitamines et bien-être totalisent, quant à eux, 17,9 % des ventes. Les loisirs et les jeux éducatifs (livres, encyclopédies, jouets, jeux) atteignent 6,3 %. Enfin, les services divers concernent les 5,5 % restant. Dernière caractéristique de la vente directe au Canada, les entreprises doivent, bien évidemment, respecter un "code d'éthique" très stricte. L'AVD ne s'en cache pas : l'un de ses objectifs principaux est de protéger les consommateurs contre des pratiques commerciales déloyales et, par là-même, de conserver la bonne image de la profession... Ainsi, les représentants des entreprises, à savoir les EVI, sont tenus de respecter les conditions suivantes :
• s'identifier et révéler les produits qu'ils vendent,
• expliquer comment retourner un article ou annuler une commande,
• respecter la vie privée, notamment en ne téléphonant pas à des heures indues,
• s'assurer de la véracité des prix, de la qualité et de la disponibilité de leurs produits et de leurs services,
• fournir un reçu complet,
• indiquer leurs propres nom et adresse, ainsi que le nom et les coordonnées de la société qu'ils représentent,
• expliquer les conditions de garanties. Pas de doute, la vente directe au Canada est loin d'être une activité naissante et peu encadrée...
|